Appel à contributions

Archives missionnaires et langues : sources, circulations et pratiques

KADOC-KU Leuven, 9–11 juin 2027

Le KADOC-KU Leuven et la Société internationale pour l’histoire du français langue étrangère ou seconde (SIHFLES) invitent à proposer des contributions pour un atelier consacré aux relations entre archives missionnaires, langues et pratiques linguistiques.

Ce colloque n’entend pas aborder cette question sous l’angle de la « linguistique missionnaire » ou de la « linguistique coloniale », mais plutôt d’interroger les pratiques historiques, les sources, les acteurs, les circulations et les traces matérielles : les langues que les missionnaires ont apprises, utilisées, enseignées, traduites, décrites ou contribué à transmettre, ainsi que les institutions, les médiateurs et les supports à travers lesquels ces pratiques peuvent être étudiées.

Les missionnaires ont évolué dans des environnements multilingues complexes. Leurs répertoires linguistiques pouvaient inclure leur langue première, les langues savantes de leur formation religieuse (latin, grec ancien, hébreu biblique) ainsi que les langues apprises en vue de la mission ou sur le terrain. Cet apprentissage pouvait être institutionnalisé avant le départ, mais aussi se faire de manière empirique, par immersion, traduction, enseignement et interaction quotidienne. À partir notamment des XVIIIe et XIXe siècles, les pratiques linguistiques missionnaires se trouvent également étroitement liées à la scolarisation, à la transmission culturelle et à divers projets éducatifs et « civilisateurs » ainsi qu’à l’évangélisation, l’impérialisme et la colonisation.

L’atelier propose d’aborder cette histoire à partir des archives. Les fonds missionnaires ne conservent pas seulement des grammaires et des dictionnaires, mais aussi des correspondances, carnets, manuels scolaires, catéchismes, traductions, rapports pédagogiques, photographies, documents visuels et autres traces susceptibles de renseigner les pratiques effectives. Ces sources permettent également de mieux prendre en compte la pluralité des acteurs impliqués : missionnaires, enseignants, catéchistes, traducteurs, imprimeurs, élèves, informateurs et collaborateurs locaux.

Les contributions pourront notamment porter sur les questions suivantes :

  • Comment les archives missionnaires permettent-elles d’éclairer les processus d’apprentissage, d’enseignement, de traduction, de standardisation, de transformation ou de disparition des langues ?
  • Que révèlent les sources sur les méthodes d’apprentissage des langues locales : immersion, traduction, collaboration avec des locuteurs, recours aux catéchistes et autres intermédiaires ?
  • Comment les missionnaires ont-ils produit et diffusé des grammaires, dictionnaires, catéchismes, alphabets, manuels scolaires, traductions et publications multilingues ?
  • Comment les pratiques linguistiques missionnaires s’articulent-elles avec l’évangélisation, l’enseignement, la transmission culturelle, l’assimilation, la résistance ou les rapports de pouvoir (coloniaux, mais pas seulement)?
  • Que peuvent apporter les correspondances, rapports pédagogiques, sources visuelles et objets matériels à une histoire des langues qui ne se limiterait pas aux productions linguistiques imprimées ?
  • Quel rôle ont joué les réseaux missionnaires, écoles, séminaires, imprimeries, congrégations religieuses, sociétés bibliques ou institutions telles que la Propaganda Fide dans la circulation des savoirs linguistiques ?
  • Comment les archives permettent-elles de restituer la place et l’agentivité des acteurs locaux, souvent peu visibles dans les récits institutionnels ?
  • Que peut apporter une comparaison entre différents contextes catholiques, protestants, orthodoxes ou autres, ainsi qu’entre différentes régions et périodes ?
  • Comment aborder de manière critique la fabrication des archives missionnaires, les choix et les conditions d’énonciation qui les sous-tendent, ainsi que le dialogue entre des documents de nature différente au sein de ces archives ? Quelle est la valeur heuristique de la notion de « trace » dans la recherche sur les archives missionnaires?

Ces interrogations pourront être abordées dans une perspective chronologique et géographique large. Elles invitent également à comparer différentes traditions confessionnelles et à examiner aussi bien l’apprentissage des langues locales que l’enseignement des langues européennes, les pratiques scolaires, l’imprimé missionnaire et la circulation des savoirs linguistiques.

Format de l’atelier

La rencontre est conçue non comme une succession de communications classiques de vingt minutes, mais comme un atelier fondé sur la discussion et le travail collectif autour des sources.

Les contributions pourront aussi prendre la forme de brèves études de cas, de présentations de corpus, de réflexions méthodologiques ou de recherches en cours. Une partie du programme sera consacrée à la consultation et à la discussion collective de documents conservés au KADOC, afin d’examiner concrètement les possibilités offertes par les archives pour l’histoire des langues, des pratiques missionnaires et de l’enseignement.

Ce format prolonge l’orientation générale de la rencontre, pensée autour de tables rondes, de panels thématiques, de débats et de moments consacrés à la consultation d’archives.

Nous encourageons tout particulièrement les propositions qui prennent pour point de départ un fonds d’archives, un corpus, un document ou un problème méthodologique précis, tout en ouvrant la réflexion à des enjeux plus larges et comparatifs.

Informations pratiques

Dates : 10–11 juin 2027
Lieu : KADOC-KU Leuven, Vlamingenstraat 39, 3000 Leuven, Belgique

Langues de travail : français et anglais

Les propositions, d’une longueur de 250–300 mots, accompagnées d’une courte notice biographique, devront être envoyées à marie-sophie.le-mounier@sorbonne-nouvelle.fr avant le 15 février 2027.

Dans la mesure du possible, les propositions préciseront le fonds d’archives, le corpus ou le type de source sur lequel portera la contribution.

Notification aux participant·es : 1er mars 2027.

Colloque organisé à l’occasion du 50e anniversaire du KADOC et du 40e anniversaire de la SIHFLES

 

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